1907, MARCELIN ALBERT 

LA RÉVOLTE DES VIGNERONS

UN DESTIN HORS DU COMMUN...

D'origine très modeste, issu d'une vieille famille argelliesoise, il consacre toute son existence à la vigne. Orphelin de père à 5 ans, il voue à sa mère un amour sans borne. Il fait quelques études à l'institution Montès de Carcassonne -établissement privé et non religieux comme on l'a affirmé- qu'il abandonne par obligation de travailler la vigne.

Il s'engage en 1870 comme volontaire, bien qu'exempté au titre de fils aîné de veuve. Démobilisé, il rentre à Argelliers et se marie. Fervent républicain, il est élu conseiller municipal en 1881, mais ne se représente pas, écoeuré par la politique. 

Puis il tient un café et s'adonne aux plaisirs du dessin, de la musique et du théâtre.

"le plus ardent, le plus gênant, le plus solitaire des meneurs d'hommes"  (Maître Claude Cals).

Marcelin au Palais de Justice de Montpellier

 

LE PRÉDICATEUR...

Dès 1900, il fait la propagande du vin naturel et attire l'attention des pouvoirs publics sur la misère du Midi. Il veut réaliser l'union de tous : capitalistes et ouvriers, et cela au prix de plusieurs années de "prêche, bâton à la main et besace au dos", bravant intempéries, dédains et sarcasmes, négligeant ses propres intérêts. Répétant inlassablement : " Unissons-nous contre la fraude qui nous ruine et nous affame. Faisons trêve à nos discordes, délaissons la politique. N'ayons d'autres préoccupations que celle de l'intérêt commun."

600 000 MANIFESTANTS...

Il est enfin écouté et de 87 à Argelliers, ils sont plus de 600 000 à Montpellier le 9 juin 1907 à crier leur misère dans l'ordre et la dignité. Quel chemin parcouru par l'humble viticulteur, l'autodidacte, conduit à jouer les "Don Quichotte" en Terres cathares, à partir à la recherche de "l'impossible quête".

INJUSTEMENT ACCUSE...

Après la gloire, la disgrâce. On l'accuse, de s'être vendu à Clemenceau pour la modique somme de 100 frs, prix du billet de train lui permettant de regagner Argelliers et de se mettre à la disposition de la justice, somme qu'il restitue d'ailleurs dès son arrivée. Les argelliesois veulent le pendre à un platane. Il vit un calvaire : inscriptions injurieuses, chanson obscènes sous ses fenêtres, mise en quarantaine... Il est écarté de la création de la C.G.V. et on l'empêche d'assister au banquet des vignerons pour commémorer les évènements de 1907. Voulant se justifier, il demande à être jugé par ses pairs, en vain. Il écrit ses mémoires et reprend le travail de la vigne. Son seul réconfort est une souscription organisée  par son ami Ernest Mallebay à Alger pour lui éviter la misère. Il est reçu en Algérie comme un héros.

"L'Apôtre, le Rédempteur, le Roi des gueux...""lou grand boulegaire dou brave pople de la terro" (Mistral).

 

Dans "Les larmes de la vigne", Jean-Louis MAGNON, relate les évènements de 1907, tels que les vécut son grand-père. Livre très intéressant.

 

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